Le monde est un plein de mystères

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Allons le parcourir !

mardi 13 octobre 2015

Une cuisine multiethnique en Malaisie

La Malaisie et la Thaïlande étaient encore sur notre plan de route mais il a fallu faire
un choix entre les deux, notre budget ne nous permettait plus de poursuivre le voyage sur plus d'un mois.  Au mois d'août la Thaïlande connaît la mousson tandis que la Malaisie est épargnée, du moins sur la partie Est de la péninsule. Nous avons donc opté pour la clémence : ce sera un mois dans la moite Malaisie. Nous voulions avoir chaud avant de rentrer en France et bien nous avons été servi ! En moyenne 33 degrés à l'ombre avec un fort taux d'humidité et des orages très ponctuels en fin d'après-midi. Avant d'aller voir les îles nous avons plongé dans la jungle urbaine de Kuala Lumpur, la capitale hyper-moderne de la Malaisie. Le centre commercial et la climatisation y sont rois. Le choc est assez violent lorsque l'on rentre dans un magasin tandis que sur le trottoir en tongs, la chaleur brûlante rayonne et donne des sueurs froides. On va laisser nos corps s'habituer. Les visites de la ville se feront au ralenti.
Nous avions eu écho de la richesse culinaire de la Malaisie. Un pays multiethnique à 57% Malais et cohabitant avec des communautés chinoises et indiennes sans oublier les minorités ethniques du Sabah, du Sarawak. Sur la péninsule vivent également les Orang Asli ou "hommes des origines" en malais, les populations aborigènes présentes avant l'arrivée des Malais.

S'il y a un moyen intéressant d'explorer la diversité de ce pays c'est à travers sa cuisine et ce à n'importe quelle heure de la journée jusque tard dans la nuit. A notre arrivée tardive, le premier jour, au cœur du quartier chinois, nous avons pu manger dans la rue à 1h du matin et nous étions loin d'être les seuls.
Quartier chinois de Kuala Lumpur

En un mois, nous avons eu le temps de goûter à de nombreuses spécialités malaisiennes et très souvent indiennes aussi.
Les plats sont généralement assez relevés et d'autant plus lorsque l'on se trouve dans des petites villes où les touristes sont une minorité.
Le plat préféré des Malais est le "Nasi Lemak", un plat à base de riz crémeux à la noix de coco agrémenté de cacahuètes grillées, d'anchois frits, d'un oeuf dur, de feuilles de pandanus, le tout accompagné d'une viande au choix comme du poulet frit ou de la seiche en sauce relevée.

Le "Laksa" est un autre plat très populaire et cuisiné différemment en fonction des régions et s'il est préparé par des Peranakan, des Chinois ou des Malais. L'origine du mot en Sanskrit signifie "beaucoup", en référence aux nombreux ingrédients nécessaires à la réalisation du plat. On trouve tout de même des éléments de base à la recette avec du poisson, généralement du maquereau ou des crevettes, cuisiné avec une myriade d'épices et d'herbes aromatiques, accompagné de concombre râpé, d'ananas, de pousses de soja ou de feuilles de menthe. Chaque région a sa propre signature et la plus fameuse est dégustée sur l'île de Penang, on y fait la file devant un "Hawker" en particulier pour y manger un "Assam Laksa".

Le "Satay" est probablement la contribution malaisienne la plus populaire dans le monde de la cuisine. On en trouve dans toutes les grandes villes, de San Fransisco à Melbourne.
"Satay" ou "Sate" est une brochette de petits morceaux de viande marinés (poulet, mouton ou boeuf), grillés au barbecue à charbon de bois. La viande est ensuite badigeonnée d'un mélange d'huile, de miel et d'épices. En général ces brochettes sont accompagnées de tranches de concombre, d'oignons, de gâteaux de riz ("ketupat" en malais) et de sauce à la cacahuète. On trouve ces brochettes à tous les coins de rue et jusque tard dans la soirée.

Je ne peux parler de plats populaires en Malaisie sans parler d'un dessert, le fameux "ABC". Nous n'avions pas connaissance de cette spécialité avant qu'on nous la suggère dans un food-court. C'était assez drôle parce qu'on voulait simplement commander une boisson rafraîchissante chacun, avant de manger. J'ai pour ma part pris un soda et Baptiste a osé tenter le fameux "ABC", croyant qu'il s'agissait d'un jus de fruit comme le fameux ACE de Pago !
Mais sous nos yeux ébahis, la doyenne du restaurant a déployé tout un tas d'ingrédients, de la glace qu'il a fallu piler et après au moins cinq bonne minutes de préparation, le "Ais Kacang" fût servi. Il s'agissait en fait d'un dessert !! Et quelle mixture étonnante, c'est un mélange très coloré composé de haricots rouge, de gelée d'herbe, de maïs crémeux, de beurre de cacahuète et d'autres ingrédients. Le tout est posé sur une montagne de glace pilée et arrosé de sirop et de sucre de palme.
Je vous le disais, quelle surprise ! Le goût n'est pas mauvais mais l'association des ingrédients est assez surprenante pour un étranger, il faut l'avouer.

Nous nous sommes aussi régalés de cuisine indienne, de poulet Tandoori, de naans cuits au chaudron et de "Roti Canai" ou de "Murtabak".
Le "Roti Canai" est un pain qui ressemble à une crêpe, composé de farine, d'oeuf, d'eau et de beurre clarifié ou "ghee". Cette spécialité indienne-malaisienne est consommée aussi bien au petit-déjeuner qu'au dîner. Il est souvent accompagné d'une sauce au curry.
Le "Murtabak" est à peu de chose près la même chose que le "Roti Canai" mais la crêpe est pliée puis repliée sur elle-même pour former des couches dans lesquelles on aura mis de la viande épicée aux oeufs.

Murtabak 




Nous avons passé un mois en Malaisie péninsulaire et les effluves lourdes du fameux Durian nous ont toujours accompagné, envahissant quelque fois l'habitacle de la voiture malgré les fenêtres fermées !
On ne pouvait repartir sans y avoir goûté, il nous aura fallu du temps pour oser mais un soir en flânant sur un marché de bord de mer on s'est lancé. Il y avait l'embarras du choix. Le fruit était à bonne maturation, c'était crémeux comme un munster bien fait et l'odeur qui va avec...
J'ai trouvé sur Wikipédia une bonne description du durian par le naturaliste britannique Alfred Russel Wallace :
« Les cinq quartiers du fruit sont d'un blanc soyeux au dedans, et sont constitués d'un amas de pulpe ferme de couleur crème, contenant environ trois noyaux chacun. Une épaisse crème anglaise parfumée à l'amande donne une idée de son goût, mais il y a parfois des apparitions occasionnelles d'une saveur qui rappelle une crème au fromage, une sauce à l'oignon, du xérès et d'autres plats incongrus. La pulpe est d'une texture onctueuse, gluante et épaisse pareille à nulle autre, mais qui ajoute à sa finesse. La chair n'est ni acide, ni sucrée, ni juteuse ; pourtant elle n'a besoin d'aucune de ces qualités, car elle est parfaite en elle-même. Le durian ne produit pas de nausées ou d'autres mauvais effets, et plus l'on en mange, moins l'on a envie d'arrêter. En fait, manger du durian est une nouvelle sensation qui mérite elle-même un voyage vers l'Asie pour en faire l'expérience. »
 La description d'Anthony Bourdain quant à elle est bien moins poétique :
« son goût et sa saveur ne peuvent être décrits que par le qualificatif… d'indescriptible, quelque chose que soit vous adorerez, soit vous détesterez. Votre haleine ressemblera à celle que vous auriez si vous aviez embrassé intensément votre grand-mère morte depuis des lustres. »

Je confirme que notre haleine et nos doigts ont gardé cette odeur fétide pendant plus de 24h... ! Mais c'était incontournable, on ne pouvait se permettre de quitter le pays sans se faire notre propre opinion. Qui sait peut-être qu'un jour j'y retournerai et je finirai par en manger au petit-déjeuner ? La papaye bien mûre qui finit par sentir le vomi si vous voyez de quoi je veux parler, j'ai fini par m'y faire dans les îles, alors rien n'est impossible !






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