Le monde est un plein de mystères

Le monde est un plein de mystères
Allons le parcourir !

lundi 13 juillet 2015

Une école de village dans le Pacifique, Upolu

Le hasard des rencontres fait toujours bien les choses. Avec Tea nous nous sommes rencontrés dans l'avion entre Auckland et Apia. Elle rendait visite à sa fille en Nouvelle-Zélande et avait acheté du matériel pour ses élèves. Tea est institutrice de maternelle sur l'île d'Upolu. Elle a monté son projet d'école privée à domicile, pour les enfants des villages. Un faible coût pour les familles car Tea ne demande que 80Tala (environ 26€) par trimestre au lieu de 200Tala dans d'autres écoles. Une initiative sociale bien utile étant donné que dans cette région du Pacifique, la pauvreté oblige de nombreux enfants à abandonner l’école, leurs parents étant dans l’impossibilité de supporter les frais de scolarité.
En 2003, le pays a réussi à sortir de la catégorie des PMA (Pays les Moins Avancés) selon le classement de l'ONU et ce grâce aux bonnes performances économiques des dernières années.
Cependant, l’économie samoane, essentiellement agricole, demeure très vulnérable, à la merci des catastrophes naturelles (en particulier des cyclones) et d’un ralentissement des économies néo-zélandaises ou australiennes, d’où proviennent les transferts de fonds. On compte en effet plus de Samoans à l'étranger que dans leur pays, expatriés pour gagner leur vie et faire vivre leur famille restée sur les îles.
Le pays accorde une grande importance à la scolarisation des enfants bien que seule l'école primaire soit rendue obligatoire selon la loi et son application n'est que très peu contrôlée. Le taux d'alphabétisation est tout de même de 98%.
Ecole de Tea
On apprend en chantant
Nous avons été accueillis un lundi matin à l'heure de la récréation. La classe a lieu en plein air, sur la terrasse couverte. Les murs sont décorés de dessins et d'abécédaires bilingues anglais/samoan. Les enfants avaient sortis plein de jeux qu'il était temps de ranger tous ensemble et en chantant pour que la classe puisse reprendre.
Tea a 16 enfants dans sa classe dont ses petits enfants, âgés de 2 à 5 ans, les niveaux sont confondus.
Ici il n'y a ni tables ni chaises, sauf un banc pour la maîtresse. Les enfants sont assis en tailleur sur le sol et en demi-cercle. Tea chante beaucoup avec ses élèves, ils retiennent bien mieux. Les leçons et les chants sont systématiquement récités en samoan et en anglais.
Apprentissage des formes géométriques
L'institutrice m'a demandé de chanter une chanson en français à la classe, quoi de mieux pour des enfants des îles que faire référence à la mer et aux bateaux ? J'ai donc choisi la comptine "Bateau sur l'eau" qui me semblait aussi suffisamment courte et qui permet de créer une petite mise en scène.

Pour finir cette belle matinée nous avons été invités à partager le repas en famille, cocos à la paille, poisson, taro de la plantation et cacao samoan à boire en dessert. Je remercie encore Tea et sa famille pour leur générosité et leur accueil chaleureux. Une belle rencontre humaine.







dimanche 5 juillet 2015

Culture et traditions aux Samoa

33 degrés à l'ombre. Un climat tropical, chaud et humide règne à l'année sur ces îles. Le rythme de vie est fonction de cette lourdeur ambiante, les gens marchent lentement, siestent à l'ombre sous les falés. On se désaltère toute la journée de jus de fruit et on boit à même la coco, fraîchement récoltée.
Notre rythme effréné d'occidental ne peut lutter, il faut lâcher prise.
Falé : habitat traditionnel en bois sur pilotis, toit en feuilles de palme et parois murales tressées
Notre maison sans porte et sans serrure
On ne s'encombre pas de vêtements serrés qui collent à la peau, homme ou femme, on laisse le corps prendre l'air en portant le lava-lava ou le paréo local coloré et décoré de motifs floraux.
Lava-lava et bus coloré typique de l'île
L'hibiscus ou la fleur de frangipanier glissée derrière l'oreille répand son doux parfum exotique. Les femmes ont de longs cheveux noirs et épais, les traits du visages sont fins et la peau est claire en comparaison avec la Mélanésie. La culture du tatouage est omniprésente. L'étymologie du mot tatouage est d'ailleurs d'origine polynésienne, nous sommes donc au coeur de cette pratique ancestrale qui s'est répandue dans le monde entier. Dans nos sociétés occidentales et modernes, on utilise le tatouage pour qu'il nous représente, nous démarque, nous identifie au sein d'un groupe social.
Aux Samoa, on dit "Tatau", le mot "Tatoo" en serait le dérivé. Le Tatau est un rite de passage qui représente l'héritage culturel et spirituel des Iles. Il marque l'entrée dans la maturité et l'engagement pour la culture ancestrale samoane.
Les hommes peuvent être tatoués des pieds à la tête tandis que les femmes se limitent en général aux extrémités comme les mains, les pieds ou les lèvres pour les Maoris.
Le corps des hommes est habillé par les motifs et lors de la danse, nul besoin de multiples parures.
Motifs polynésiens au salon de tatouage d'Apia
Motif traditionnel masculin du Tatau : du bassin jusqu'aux genoux
Fia-Fia ou la fête locale, démonstrations de danses polynésiennes
La danse fait aussi partie de la culture de Samoa. De jeunes générations continuent de pratiquer et voyagent même à l'étranger pour participer à des festivals et perpétuer la tradition.
Les femmes pleines de grâce enchaînent des mouvements lents tandis que les hommes, énergiques et massifs, frappent le sol de leurs pieds et poussent des cris graves.
S'il est encore autre chose de sacré aux Samoa c'est la religion. Au début du XIXème siècle, les îles du Pacifique ont vécu l'expansion du Christianisme. En 1830, La Société Missionnaire de Londres s'est installée chez les indigènes de l'archipel des Samoa.
La religion est omniprésente sur les îles, nous avons pu le remarquer avec le grand nombre d'églises implantées dans les villages, que ce soit en Polynésie ou en Mélanésie. Nous avions vu en Nouvelle-Calédonie que les femmes portaient les robes "mission" ou localement "robe popinée". C'est une tenue qui a été imposée par les missionnaires jugeant les tenues traditionnelles impropres à leurs yeux et qui s'est finalement imposée dans toute l'Océanie. Cette robe aux motifs bariolés n'a pas de décolleté et recouvre amplement le corps.
Vue sur la coupole de l'église d'Apia : représentation du peuple indigène des Samoa

La prière avant le repas est de coutume et aller à l'église le dimanche, il en va de soi. Pour certains, ce serait même plusieurs fois par semaine.
Par curiosité, nous sommes allés assister à une messe de village, un dimanche matin. Depuis la route, face à l'océan, on pouvait entendre les chants. Vêtue d'une robe et les épaules recouvertes d'un châle, nous nous sommes approchés timidement mais une dame toute habillée de blanc, sortant de chez elle, nous a invité à l'accompagner, nous étions plus que bienvenus. L'église haute en couleurs, sans murs, laissait circuler un air chaud mais agréable. Un lieu de célébration très différent de ceux que l'on connaît en Europe, qui sont fermés, plutôt sombres et frais et où l'audience est assez figée.
Dans cette église, hommes, femmes et enfants chantent à plein poumons, debout, les bras en l'air, frappant dans leurs main, les yeux parfois fermés. Le prêtre est comme habité, il prêche les yeux clos tout le long, dans un flot de paroles continue et inaudibles pour nous (la messe est en samoan). Les enfants se déplacent, dansent, jouent.
Nous sommes les seuls étrangers présents et sommes donc publiquement remerciés d'être présents et bénis !
Messe du dimanche matin, Upolu

mercredi 1 juillet 2015

Les Forces de la Nature, Upolu, Samoa Occidentales

Upolu est une île de l'archipel des Samoa Occidentales, en Polynésie.
Deux îles au large de la Nouvelle-Zélande, voisines des Tonga ou des Fidji, trônant sur le Pacifique. Le 29 septembre 2009 à 6h48, la côte Sud a été touchée par un tsunami, une succession de plusieurs vagues a tout emporté et des milliers de personnes ont perdu la vie.
Nous avons séjourné sur cette côte et constaté encore de nombreux habitats en ruines délaissés par les villageois qui, pour la plupart, ont choisi depuis la catastrophe de quitter la côte pour aller vivre en hauteur et reconstruire à l'abri. Le gouvernement a depuis lors dégagé des voies d'évacuation vers l'intérieur des terres en creusant dans la brousse, des accès signalés par un panneau qui rappelle au quotidien que le danger demeure... Les habitants du villages où nous logeons ont été marqué par cet évènement. Lorsque nous prenons ce chemin qui mène à une plateforme surélevée, avec vue dégagée sur l'immensité de l'océan, on ne peut s'empêcher d'essayer de reconstituer la scène. Difficile d'imaginer qu'une vague puisse dépasser la hauteur des cocotiers que l'on voit le long de la côte et que ce paysage de paradis se transforme en enfer.
Un homme du village vient à notre rencontre. Je lui demande s'il était présent ce jour de septembre 2009. Il nous raconte.
De nombreux villageois sont très matinaux et sont levés à l'aube pour profiter de la "fraîcheur" du matin et travailler au champ. Ce matin-là, lui et son ami ont senti le tremblement de terre et peu de temps après la vague est arrivée, ils ont couru à travers les broussailles et se sont mis en hauteur. Ils ont pu voir les gens faire le mauvais choix de monter dans leur voiture et prendre la route. Une route parallèle à la plage qui longe la côte et que la vague est venue emporter. Tout a été rasé et il a perdu des membres de sa famille, des amis. "Les gens n'ont pas senti les secousses, ils dormaient encore..."nous dit-il. Ils ont retrouvé des corps sans vie partout.
Aussi dur que ce soit, notre ami Mike prend du recul sur cet évènement et reconsidère leur condition d'insulaires. Ces îles sont apparues mais si ces îles doivent disparaître car l'océan veut les reprendre, c'est ainsi. La Nature l'emportera et nous partirons. On ne peut lutter. 
En attendant, les villageois vivent dans les terres pour ne plus dormir avec cette peur au ventre.
Je n'ai pas vécu ce qu'ils ont vécu mais je ne peux regarder vers l'horizon sereinement comme j'ai l'habitude de le faire face à la Méditerranée ou devant l'Atlantique. Le vrombissement des vagues qui s'écrasent sur le récif nous accompagne nuit et jour, c'est comme un rappel permanent de la puissance de l'océan et de la vulnérabilité de l'Homme face aux éléments.
Mike termine avec ces quelques mots : "Si vous sentez que la Terre tremble, courrez".



lundi 8 juin 2015

Enfants des îles du Pacifique

Entre Mélanésie et Polynésie, j'ai voulu saisir ces instants d'enfance au quotidien, sur le chemin de l'école, dans la rue, sur la plage, en famille.