Le monde est un plein de mystères

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Allons le parcourir !

jeudi 9 avril 2015

Explorateurs du Pacifique


Descriptio Maris Pacifici par Ortelius (1589), une des premières cartes imprimées de l'Océan Pacifique
Les premiers explorateurs du Pacifique sont originaires de l'Asie du Sud-Est et ont vogué sur de simples embarcations. Des milliers d'années plus tard, leurs descendants polynésiens ont commencé à explorer plus à l'Est guidés par les étoiles et les vents. Comment ont-ils survécu à ce voyage vers l'inconnu ? Et quand ont-ils découvert la Nouvelle-Zélande ? Les empreintes au radiocarbone ont permis de trouver des réponses.
L'Océan Pacifique a été le premier océan exploré et la Nouvelle-Zélande étant un pays isolé dans les eaux froides du Sud-Est du Pacifique a été le dernier endroit découvert.
On dit que les ancêtres des Polynésiens sont originaires des environs de Taïwan et qu'ils se sont déplacés vers le Sud et l'Est. Ils se sont mélangés avec d'autres Mélanésiens déjà installés en Océanie et avec le temps la culture Lapita s'est développée. Le peuple Lapita a été le premier à atteindre l'Océanie. Entre 1200 et 1000 av. JC ils sont arrivés en Polynésie de l'Ouest emportant avec eux cochons, chiens, poules, bananes et ignames. Les Lapita se sont installés aux îles Fiji, Samoa et Tonga, berceaux de la culture polynésienne.
Pendant le premier millénaire, les Polynésiens ont navigué vers l'Est en Polynésie Française et aux Marquises. Puis ils ont migré vers Hawaï en 600 et vers l'Ile de Pâques en 700. La Nouvelle-Zélande étant la dernière peuplée, autour de 1250.
Pour rejoindre la Nouvelle-Zélande les explorateurs ont fait étape sur des îles pas plus grandes que des cailloux. Les migrants seraient originaires d'une région de l'Est de la Polynésie que les Maori ont appelé plus tard "Hawaiki".
L'île des origines
Hawaiki est une île mythique où les peuples de Polynésie situent leur origine. Selon leurs légendes, l'esprit retourne à Hawaiki après la mort.
Les ancêtres des Maori seraient arrivés sur 7 canoës qu'ils nomment "waka", apportant avec eux des chiens, des rats, le taro et la patate douce. Ils ont trouvé en Nouvelle-Zélande une faune très riche incluant des espèces d'oiseaux comme le Moa, des cygnes et l'aigle géant de Haast. Ces espèces se sont éteintes peu après leur arrivée.
Aigle de Haast et Moa.




Le Moa pouvait peser jusqu'à 250kg et mesurait 3m !
Musée Te Papa, Wellington.


Waka Tau (canoë de guerre), Bay of Islands, 1827.

Reconstitution d'un canoë de guerre, Ecole de gravure de Rotorua. La tradition se perpetue.

Les navigateurs stockaient de la nourriture et de l'eau dans la coque et mémorisaient le trajet ou le récitait sous forme de chants. Les directions se prenaient en observant le paysage et en lien avec le tracé des étoiles. Dans la journée, le soleil les guidait et par mauvais temps, la houle et la direction du vent indiquaient la voie à suivre. Les voyageurs pouvaient savoir que la terre approchait avant même de l'avoir à vue. Les oiseaux migrateurs ou les baleines pouvaient aussi les mener vers de nouvelles terres. L'ancêtre Paikea serait arrivé en Nouvelle-Zélande à dos de baleine. Depuis la baleine avec sa grande taille et son intelligence a joué un rôle important dans la culture du peuple maori. Les baleines échouées sur les plages ont été conservées et considérées comme un cadeau des dieux. Elles sont particulièrement prisées pour les os qui, après plusieurs années de maturation ont été utilisés pour faire des outils, des bijoux d’ornement et des objets d’art, souvent transmis de générations en génération.
Exposition "Baleines Tohora", Musée Te Papa, Wellington.

Les navigateurs pouvaient aussi trouver la terre en lisant la position des étoiles, la couleur et la formation des nuages ou la forme des vagues.
Plus tard, des recherches ont été menées et on sait maintenant que les Maori sont arrivés à différentes périodes, à partir de la fin du XIIIème siècle depuis les Iles Cook et les Iles de la Société.

mercredi 8 avril 2015

MAORI

Avant de parler d'une quelconque intégration culturelle des Maori dans le paysage néo-zélandais,il a fallu compter, à partir des années 60, sur bon nombre de revendications et de mouvements non-violents. 
Ces mouvements menés par de fortes personnalités maori dont deux grandes dames, Whina Cooper et Eva Rickard, étaient destinés à récupérer leurs terres pour qu'elles reviennent à leurs descendants. Leur but était aussi d'être représenté officiellement et de faire valoir leur voix au sein du Parlement. Le gouvernement étant à l'époque uniquement composé d'Européens. En 1970, fut créé Nga Tamatoa qui devait devenir l'un des plus importants des groupes de revendication. Il milita en faveur de l'identité culturelle Māori et amena sur le devant de la scène les revendications des Māori privés de leurs territoires. Les actions continuelles de Nga Tamatoa forcèrent le public à s'intéresser aux problèmes des Māori. C'est grâce à l'action de Nga Tamatoa, que fut votée, en 1974, la Loi d'Amendement concernant les Affaires Māori.


Bien que les Māori soient aujourd'hui bien intégrés à la société néo-zélandaise, il fallait que leur culture le soit également  Trois éléments ont contribué à accélérer cette intégration culturelle : l'accroissement de la population māori, les mariages mixtes Māori-Pakeha (blanc) et l'afflux de Māori de la campagne vers les villes.
Si l'on considère le grand pourcentage de mariages mixtes, il n'y a plus beaucoup de Māori de pure descendance de nos jours, en Nouvelle-Zélande.
L'importance de leur identité apparaît clairement dans beaucoup d'institutions politiques, économiques et sociales. Le Ministre des Affaires māori et les Députés māori veillent aux intérêts de leur peuple dans la société d'aujourd'hui. D'autres structures, telles que le Conseil Māori de Nouvelle- Zélande, la Ligue du Bien Etre des Femmes Māori et la Fondation pour l'Éducation Māori, font de leur mieux pour la promotion de "Māoritanga" (la tradition) parmi eux.
Presque toutes les villes organisent des festivals culturels, et un Festival Polynésien a lieu tous les deux ans sur le plan national .
Marae
"Māoritanga"(la culture maori) est enseignée dans les Marae urbains, pour les jeunes Māori des villes, coupés de leurs racines tribales. Là, ils peuvent rencontrer et apprendre l'histoire de leur peuple.
La tradition se perpétue également à travers le tatouage ou le "Moko", un tatouage facial qui recouvre tout le visage chez les hommes et le menton chez les femmes. Les "Moko" étaient réservés aux guerriers et aux personnalités importantes. Les personnes sans "Moko" étaient considérées comme sans aucun statut social. De nos jours, on peut encore croiser bon nombre de personnes tatouées au visage.
Les symboles et les trésors māori sont maintenant considérés comme une source de fierté, plus que comme les souvenirs d'un monde révolu. Les stations de radio et de télévision assurent la pérennité de la langue. Des écoles entièrement māori se multiplient. Des hommes comme des femmes occupent actuellement des postes-clé dans tous les domaines de professions.


vendredi 6 mars 2015

Vie nomade en Nouvelle-Zélande

Une envie de sortir de sa zone de confort, réduire son espace de vie au minimum, se déconnecter au maximum des télécommunications, se contenter de peu mais se nourrir bien. La route s'annonce belle. On prend nos marques, on se détache du confort matériel, salle de bain propre et personnelle : adieu ! Cheveux qui sentent le printemps, à bientôt. Bonjour l'océan, grande baignoire salée, rivière d'eau douce fraîche pour réveiller nos esprits. Les arbres seront notre ombre et nos séchoirs à linge, l'écran de télévision sera notre fenêtre, on change de chaîne chaque soir, oiseaux et criquets en fond sonore. S'endormir bercés par les vagues en regardant les étoiles ou en comptant les moutons !






















La Nouvelle-Zélande

Moutons des villes
Moutons des champs
Venir en Nouvelle-Zélande, un long voyage de 18 000km depuis la France. Une terre du bout du monde qui fait rêver pour des raisons bien différentes en fonction de chacun. La première image est celle des films de Peter Jackson, retrouver ces paysages mythiques du Seigneur des Anneaux, ces montagnes, ces forêts merveilleuses. Je confirme, ces paysages sont spectaculaires et on comprend fort bien pourquoi ce pays a servi de lieu de tournage idyllique.
Pour ma part, le désir de partir à la rencontre de la culture indigène de cette contrée est encore plus fort. Ses premiers habitants, où sont-ils ? comment sont-ils arrivés là ? leur culture perdure-t-elle ?
Réminiscence des cours d'Ethnologie et manie de bibliothécaire : aller se documenter. Après avoir parcouru, l'Ile sauvage du Sud pendant un mois, je retrouve la civilisation à Nelson et prend le temps de faire quelques recherches avant d'aller explorer l'Ile du Nord.
L'Histoire de ce pays est une des plus courtes du monde, c'est un des derniers territoires découverts par l'Homme. Les premiers Européens débarquent en 1642. Le 6 février 1840 marque le pays avec la signature du traité de Waitangi entre Maori et Britanniques. Un accord, dans les deux langues, pour l'installation des Européens sur les terres néo-zélandaises. Le territoire devient une colonie britannique et ce jour deviendra la fête nationale.
La population actuelle est d'environ 4,5 millions d'habitants (contre 60 millions de moutons !). La majorité est d'origine européenne et les Maori forment la minorité la plus nombreuse. Viennent ensuite les non-maori d'origine polynésienne et les Asiatiques.
Mais alors quelle est la culture néo-zélandaise ? Une grande part a des racines britanniques ou "Kiwi" (comme on nomme les Britanniques ici). Cette culture a aussi des apports des cultures américaine, australienne, maori, européenne, asiatique et polynésienne non-maori.
De grandes fêtes sont tenues chaque année pour fêter Diwali, le Nouvel An chinois et Pasifika, le plus grand festival polynésien du monde (nous irons y faire un tour).
La musique et la cuisine sont similaires à celle du Royaume-Uni et des Etats-Unis avec des détails du Pacifique.
Quant à la culture maori elle a beaucoup changé depuis l'arrivée des colons (qu'ils nomment "Pakeha") mais on ne peut pas dire que les Maori vivent totalement comme les Pakeha. Mon but sera donc de découvrir quelle est cette culture maori à travers ses sites historiques, ses fêtes, ses mythes, ses artistes etc (voir article "Aeoteaora").

mardi 3 février 2015

Melbourne : une ville artistique

Une visite éclair d'une journée mais un gros coup de coeur pour cette ville vivante, jeune, colorée et capitale culturelle de l'Australie.
Nous avons concentré notre temps sur le Street Art de Melbourne. Une mouvance artistique tellement développée que s'en est devenue une attraction touristique. Mais on se pose quand même la question de la légalité : comment font les artistes pour s'exprimer librement ? Dans les faits cette pratique est punie par la loi mais il semblerait qu'à Melbourne une tolérance voire une bienveillance règne sur la communauté d'artistes. On peut lire sur le site de la commune : "La Ville reconnait l'importance du Street Art et sa contribution à la culture urbaine."
Pour ce faire, les artistes ont besoin d'un permis. Des pionniers du Street Art comme Keith Haring ou Banksky sont passés par les fameux spots de Melbourne ; Collingwood ou la mythique Hoiser Street. Les galeries suivent le mouvement et sont prêtes a débourser des milliers pour une intervention, à bon entendeur...!




Autre exemple d'expression artistique de rue : le "Yarn Bombing" ou "tricot-graffiti", un mouvement de l'art contemporain qui consiste a recouvrir le mobilier urbain ou les éléments naturels de tricot.




lundi 2 février 2015

NGV de Melbourne : Art Contemporain aborigène

En allant en Australie je souhaitais vraiment pouvoir avoir un aperçu  de la création artistique contemporaine des Aborigènes d'Australie. La National Gallery of Victoria a réalisé ce rêve en proposant un focus intitulé "Indigenous Art". Une exposition multi-disciplinaire ; peinture sur toile, sur bois, photographie, dessin. Un grand nombre d'oeuvres faisant appel aux mythes des origines, au "Temps du Rêve" de manière très poétique. On y retrouve la faune et la flore locale. En voici un aperçu avec une sélection d'oeuvres :

Gulumbu Yunupingu, Stars, 2006. Northern Territory
Gulumbu Yunupingu, Garak, 2010. Northern Territory.
Gulumbu Yunupingu, Garak, 2010. Northern Territory
Série des peintures sur écorces d'eucalyptus par Gulumbu Yunupingu, inspirées d'histoires appelées "Rêves".
Le père de l'artiste lui racontait ces histoires lorsqu'elle était enfant, elles parlaient des constellations que l'on voit la nuit dans le ciel. Gulumbu aimait à y repenser et a peint des étoiles car elles connectent les humains du monde entier.

Tjanpi Desert Weavers
Kantjupayi Benson fait partie d'un groupe de femmes-artistes aborigènes de l'Ouest et du centre de l'Australie. Elles créent des sculptures colorées de laine, de fil et de "tjanpi"(herbes qui poussent sur leurs terres). "Les Tjanpi Desert Weavers" sont une corporation de femmes. Elles créent des objets sans but commercial premier, il s'agit plus d'un moyen de partager leur culture, de pérenniser leurs histoires. Leurs sculptures parlent du 'Temps du Rêve", le thème central de la culture aborigène, les origines de leur monde, de l'Australie et des ses habitants.

Kantjupayi Benson, Bush Banana, 2003. Western Australia.
Kantjupayi BENSON, Bush Banana, 2003. Western Territory.
"Bush Banana", histoire sombre représentée ici, celle d'une famille qui avait pour habitude de venir camper et de manger des bananes dans le bush mais un jour, deux hommes cachés dans les buissons ont tué la mère puis ses deux enfants avec leur boomerang. Sombre histoire...

Rover THOMAS, Dreamtime story of the willy-willy, 1989. Western Australia.
 Le willy-willy est un tourbillon de poussière qui se forme dans le désert. Il est représenté ici sous forme d'une spirale et consommé par le serpent arc-en-ciel qui est associé aux tempêtes dans la région de Kimberley. Le "Rainbow Serpent" est une divinité dans la mythologie aborigène. Son nom est tiré de sa ressemblance avec la forme de l'arc-en-ciel. Certains suggèrent que le lien entre le serpent et l'arc-en-ciel pourrait être lié au cycle des saisons et à l'importance de l'eau pour la vie humaine. Quand on voit un arc-en-ciel on dit que le "Rainbow Serpent" prend de l'eau d'une source pour en alimenter une autre, ce qui pourrait expliquer que certains points d'eau ne s'assèchent jamais.

Tout au long de l'exposition le visiteur voyage à travers les mythes de la culture aborigène, des oeuvres à la fois oniriques et poétiques et d'autres très poignantes révélant un vécu douloureux comme ce mur d'expressions qui vient clôturer l'exposition et laisse au public matière à réflexion…